Avec son Pont de la mémoire, Ryadh Tabet connecte l’histoire et le futur

Avec son Pont de la mémoire, Ryadh Tabet connecte l’histoire et le futur

Un musée, une gare, un viaduc… De la Casbah jusqu’à la mer en passant par le Hamma, un jeune architecte a conçu un projet urbain intégré et novateur

C’est tout un quartier que Ryadh Tabet a imaginé. Avec un centre commercial, une cinémathèque ainsi qu’un hôtel permettant de contribuer, avec le Sofitel, à la promotion touristique de la mémoire.

Le 17 mai, le projet présenté par l’architecte de 24 ans, employé du bureau d’études de l’habitat d’Alger (BEHA), au onzième concours national des jeunes architectes, la « Charrette d’Or », en marge du Salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics Batimatec, a remporté le premier prix.

Vue globale du projet (document fourni)
Vue globale du projet (document fourni)

Le thème de cette année : imaginer un mémorial consacré à la liberté, sur le site du Hamma, près de la Bibliothèque nationale d’Alger. Le concours, organisé l’année du soixantenaire de l’indépendance, avait pour slogan « Soixantenaire de la liberté, architecture, urbanisme et mémoire ».

Le projet de Ryadh, appelé le « Pont de la mémoire », suivre un trajet depuis la Casbah, où puiser la mémoire, à travers un viaduc qui emprunte les traces de l’aqueduc Télemly pour abreuver le site du Hamma.

Un « écoquartier »

Ce projet comprend aussi un « écoquartier », composé d’îlots créant des macros wast eddar – littéralement « le centre de la maison » – destinés à l’activité communautaire autour de l’agriculture urbaine, dont les produits ont vocation à être vendus au centre commercial équitable, et les ordures recyclées grâce aux start-up implantées dans un hangar.

Le talentueux architecte a aussi réanimé la gare. La Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) développera, dans un de ses hangars, le musée du train. Le train fonctionnera en duo avec le bus de la baie, donnant ainsi à l’axe de la mémoire un caractère multimodal.

Perspective sur l’arrivée du viaduc jusqu’à l’esplanade de la gare ferroviaire musée (document fourni)
Perspective sur l’arrivée du viaduc jusqu’à l’esplanade de la gare ferroviaire musée (document fourni)

« J’ai également implanté un musée d’archéologie marine pour raconter l’histoire de la baie précoloniale à travers les batailles navales », précise-t-il. « Il s’accompagne d’un forum d’exposition et de promotion de la culture algérienne artisanale, musicale, culinaire et vestimentaire. »

Le viaduc se prolongera quant à lui sur la jetée, offrant une potentielle extension du parcours par l’amarrage des ferrys. Il sera subdivisé en tronçons d’expositions, suivant le fragment de mémoire, tout en étant ponctué par des galeries où il sera possible de circuler à la verticale.

Une « performance »

Pour Akli Amrouche, qui dirige la revue d’architecture et d’urbanisme Vies de villes, qui organise le concours, le travail de Ryadh Tabet est une « performance » puisque le jeune architecte a exploité tout le parcours de la mémoire en un temps record.

« Ryadh ne s’est pas contenté de travailler sur un seul axe, il a réanimé tout le parcours de la mémoire en à peine onze jours, alors que les candidats avaient un mois pour terminer le travail », précise Akli Amrouche à MyAlgeria.

Les membres du jury ont qualifié son projet comme étant « un travail de bonne facture, avec une réelle composition urbaine ». 

Le viaduc se prolongera quant à lui sur la jetée, offrant une potentielle extension du parcours par l’amarrage des ferrys (document fourni)
Le viaduc se prolongera quant à lui sur la jetée, offrant une potentielle extension du parcours par l’amarrage des ferrys (document fourni)

Le concours est ouvert aux étudiants et architectes de moins de 28 ans. « Nous avons eu une cinquantaine de projets jugés pour la présélection. Nous avons retenu huit projets de sept wilayas puis quatre finalistes », explique Akli Amrouche.

Ryadh Tabet a reçu le premier prix. Le deuxième prix est revenu à Rania Zerifi, dont le projet rend un hommage architectural aux martyrs de la révolution par une redynamisation du quartier d’El Hamma.

Le concours, organisé l’année du soixantenaire de l’indépendance, avait pour slogan « Soixantenaire de la liberté, architecture, urbanisme et mémoire » (document fourni)
Le concours, organisé l’année du soixantenaire de l’indépendance, avait pour slogan « Soixantenaire de la liberté, architecture, urbanisme et mémoire » (document fourni)

Enfin, le troisième prix a été attribué à l’architecte Achraf Bourzak dont le projet combine une architecture contemporaine et une architecture historique andalouse.

Les candidats finalistes ont travaillé sur tout un parcours mémoriel, qui débute du musée de l’armée sur l’Esplanade Riadh El Feth, en passant par le musée du Moudjahid et le Mémorial du Martyr pour descendre vers la mer.

Akli Amrouche affirme que tous les projets dessinés peuvent être réalisés. « Ce sont des esquisses très réalistes. L’objectif n’est pas juste historique, il est architectural pour revitaliser tout l’axe. »

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