Solar 1000 : l’Algérie à la conquête du soleil

Solar 1000 : l’Algérie à la conquête du soleil

Mettre l’Algérie sur les rails d’une nouvelle politique énergétique : voilà l’objectif du projet « Solar 1000 MW » pour la création d’un parc de centrales solaires

L’Algérie a lancé, voici quelques semaines, le fameux et très attendu « Solar 1000 MW ». Il s’agit d’un appel d’offres international pour la réalisation d’un parc solaire d’une capacité de 1000 mégawatts. 

Cela fait des années que les professionnels et les entreprises attendent le lancement de ce projet, censé concilier l’Algérie avec les énergies renouvelables. 

L’objectif est de projeter ainsi le pays sur une perspective plus rassurante quant à la couverture des besoins croissants en énergie, alors que la poussée démographique pose plus que jamais l’enjeu de la sécurité énergétique à moyen et long termes. 

Plus concrètement, le projet Solar 1000 vise à constituer des Sociétés de projet (SPV) chargées de réaliser un parc de centrales solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 1000 mégawatt-crête (MWc, unité mesurant la puissance des panneaux photovoltaïques), réparties sur le territoire national, en lots de 50 à 300 MWc chacune, lit-on dans le document de l’appel d’offres lancé fin décembre 2021 par le ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables. 

Le document oblige les investisseurs intéressés à assurer le développement, le financement, la conception, la fourniture d’équipements, la construction, l’exploitation et la maintenance de ces centrales, ainsi que la réalisation des installations d’évacuation et de raccordement aux réseaux électriques, et la commercialisation de l’électricité produite à partir de ces centrales. 

Se positionner sur l’échiquier solaire mondial

Quant à la commercialisation de l’électricité d’origine renouvelable, un contrat de vente et d’achat d’électricité (Power Purchase Agreement, PPA), d’une durée d’exploitation de 25 ans pour chacune des centrales, sera proposé aux producteurs.

Assurément, l’acheteur ne sera que Sonelgaz, seul acteur public disponible sur le marché de la distribution de l’électricité et de gaz naturel. 

Plusieurs années durant, les professionnels et entreprises du renouvelable étaient restés sur leur faim, car maintes fois annoncé, le cap des énergies renouvelables était continuellement repoussé pour des raisons inexpliquées. 

« Solar 1000 permettra de diversifier les sources d’énergie pour couvrir une partie des besoins de l’économie et des consommateurs par l’énergie renouvelable, de réduire la consommation du gaz naturel et de dégager des marges supplémentaires à l’export, sources de précieuses devises »

– BoukhalfaYaïci, directeur général de Green Energy Cluster Algeria

Pour Boukhalfa Yaïci, directeur général de Green Energy Cluster Algeria, le lancement de l’appel d’offres Solar 1000 marque un changement de paradigme en faveur du renouvelable et manifeste la volonté de l’Algérie de se positionner sur l’échiquier solaire mondial.

L’autre enjeu, non des moindres, consiste « à répondre à une demande domestique en énergie qui évolue à vive allure, alors que la production des énergies fossiles connait une baisse chronique », explique le responsable à MyAlgeria.

Dit autrement, Solar 1000 serait une carte gagnante dans cette tentative du gouvernement de concilier le taux de croissance de la consommation énergétique avec la capacité du pays de produire de l’énergie à long terme, estime Boukhalfa Yaïci. 

« La flambée actuelle du prix du pétrole sur le marché mondial ne doit pas occulter la baisse structurelle de la production d’énergies fossiles, encore moins l’impératif d’accélérer dans les énergies renouvelables, seules à même de garantir au pays une sécurité énergétique durable, étant donné le déclin permanent du potentiel résiduel en hydrocarbures conventionnels », souligne le directeur général du Cluster algérien des énergies renouvelables. 

Centrale photovoltaïque à Djanet (Sonelgaz)
Centrale photovoltaïque à Djanet (Sonelgaz)

Solar 1000 permettra donc aussi de diversifier les sources d’énergie. La démarche du gouvernement répond à la nécessité pour l’Algérie « de couvrir une partie des besoins de son économie et ceux des consommateurs par l’énergie renouvelable, de réduire la consommation du gaz naturel et de dégager ainsi des marges supplémentaires à l’export, sources de précieuses devises », explique encore Boukhalfa Yaïci. 

A deux reprises en moins d’une décennie, l’économie nationale a été durement affectée par l’onde de choc provoquée par les deux derniers chocs pétroliers : en 2008 lorsque la crise des subprimes a fait vaciller le monde de la finance et en 2014, date d’un retournement de situation spectaculaire sur le marché pétrolier. 

Ces deux chocs externes d’une rare violence ont démontré la faible résilience de l’économie nationale et remis au goût du jour les impératifs de sa diversification et la réduction de son exposition aux hydrocarbures.

Solar 1000 s’insère, d’ailleurs, dans cette quête renouvelée en faveur du renforcement de la résilience de l’économie algérienne à travers sa diversification ainsi que la diversification des sources d’énergie et de devises. 

Il est question, par-dessus tout, de tirer profit de l’important gisement solaire de l’Algérie – réputé un des plus importants au monde – et de propulser le pays vers des horizons décarbonisés. 

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