Ils sont revenus investir en Algérie et ça leur réussit

Ils sont revenus investir en Algérie et ça leur réussit

Certains ont grandi en France, d’autres sont partis étudier à l’étranger. Leurs parcours professionnels sont différents, mais ils ont pris la même décision : rentrer investir dans leur pays

« La France m’a donné une éducation, mais l’Algérie est ma terre», témoigne d’emblée Walid Aït Hamou, revenu il y a à peine trois ans.

Depuis 2019, il dirige l’espace de coworking The Annex Dz et accompagne les jeunes entreprises dans leur développement.

« Je suis né en Algérie, mais je suis parti très tôt en France où j’ai fait toute ma scolarité. Après des études de commerce à Paris et à Londres, j’ai travaillé dans de grands groupes comme Vinci et Saint-Gobain. A cette époque, je n’envisageais pas spécialement de revenir au pays, mais l’envie de faire quelque chose pour l’Algérie m’a toujours animé », raconte-t-il à MyAlgeria.

Invité par un de ses amis au Maroc en 2017, Walid est interpellé par le niveau élevé de connectivité. Il se demande alors quelles sont les entraves au développement d’internet dans son pays et quel est le potentiel.

??That’s it ! Here we « GO » dear community ! أوّل #حاضنة_أعمال جزائرية 100 % نسوية ، النص بالعربية ، الفرنسية و…

Publiée par The Annex Dz sur Jeudi 29 octobre 2020

« Pour avoir des réponses à mes questions, de Casablanca, je prends un billet pour Alger où je reste trois semaines. Pendant cette période, je rencontre des professionnels du secteur, des gens qui ont lancé des startups, et je constate qu’on n’a rien à envier aux autres pays en matière de compétences ! », se souvient Walid.

Les choses s’accélèrent. Walid rentre à Alger la même année et lance Titan Média, une agence de publicité digitale. L’idée est de mettre des tablettes dans les taxis comme support publicitaire. 

L’initiative est bonne, Walid trouve des partenaires, mais le marché n’est pas encore prêt. Le projet est donc mis de côté. Pas question de se décourager pour autant.

« En faisant les démarches pour la création de l’entreprise, beaucoup de choses ont attiré mon attention :  la lenteur des démarches, les dépenses avant même que l’entreprise soit créée, et je voyais à quel point ça pesait sur les jeunes entreprises. Certains m’expliquaient qu’ils devaient payer une location d’une année, ce qui est énorme pour les jeunes porteurs de projets », souligne-t-il.

Djamel Zahal, fondateur de DzMob, spécialisée dans le développement d’applications mobiles (Djamel Zahal)
Djamel Zahal, fondateur de DzMob, spécialisée dans le développement d’applications mobiles (Djamel Zahal)

Walid se dit que tout le monde aurait à gagner dans l’allègement des démarches et la recherche de solutions pour encourager la création d’entreprises.

Il décide d’exploiter des bureaux qui appartiennent à sa famille et invite deux startups à partager gratuitement les bureaux avec lui. En leur fournissant cet espace de travail, il cherche à leur faire économiser une partie des dépenses.

« Les deux premiers startuppeurs ont fait venir des amis et c’est comme ça que mes bureaux se sont transformés en un espace de coworking. »

« Aujourd’hui, The Annexe DZ est implanté à Dar El Beida et Hydra. On propose aux entreprises l’hébergement, l’assistance administrative, des espaces privatifs et bien d’autres services à travers lesquels je réponds aux besoins que j’ai moi-même éprouvés en créant mon entreprise », précise Walid.

« Il y a encore énormément de choses à développer en Algérie, mais les opportunités sont là et il faut les saisir. Depuis mon retour, je voyage beaucoup à travers le pays et je vois le potentiel qui existe et je ne suis que satisfait. » 

« Rien à envier à ce qu’on trouve sur les marchés étrangers »

Sid Ahmed Zerouki a créé la plateforme de recrutement EmploiPartner à Alger il y a dix ans. Aujourd’hui, la plateforme estime son audience à 40 000 visiteurs par jour, et dit compter un million d’inscrits.

Sid Ahmed a fait ses études universitaires en France. Il est titulaire d’un master en économie. Après ses études, il a travaillé dans différentes entreprises avant d’intégrer une société de consulting où il entame son parcours dans les ressources humaines, le cœur de son métier aujourd’hui.

Mais son retour à Alger est assez atypique. « J’avais trouvé une annonce émise par une société de conseil à Paris qui avait décroché un contrat de deux ans en Algérie et qui cherchait à recruter un candidat pour cette mission. J’étais donc détaché de France en Algérie comme expatrié », raconte-t-il à MyAlgeria.

Sid Ahmed Zerouki a créé la plateforme de recrutement EmploiPartner à Alger il y a dix ans. Aujourd’hui la plateforme estime son audience à 40 000 visiteurs par jour, et dit compter un million d’inscrits (Sid Ahmed Zerrouki)
Sid Ahmed Zerouki a créé la plateforme de recrutement EmploiPartner à Alger il y a dix ans. Aujourd’hui la plateforme estime son audience à 40 000 visiteurs par jour, et dit compter un million d’inscrits (Sid Ahmed Zerrouki)

Cette opportunité va lui permettre de découvrir concrètement le marché algérien. Evaluer les besoins et les opportunités, notamment dans le domaine du recrutement et des ressources humaines. 

Au terme de cette mission qui a duré dix-huit mois, Sid Ahmed doit choisir : soit retourner en France, soit lancer un projet en Algérie. Il choisit la seconde option.

En 2010, Sid Ahmed crée EmploiPartner. Au fil des années, son entreprise s’enrichit de compétences et propose des outils de recrutement innovants. Il répond aux problématiques des recruteurs (trouver le bon candidat dans un laps de temps réduit) et des chercheurs d’emploi (trouver le job qui leur convient).

« Quand on vit à l’étranger, on suit de près ce qui se passe dans notre pays d’origine. Je n’envisageais peut-être pas de retourner un jour en Algérie, mais les avantages dont on parlait à l’époque, notamment les prêts pour les entreprises, m’intéressaient beaucoup. Aujourd’hui, notre plateforme est un produit algérien qui n’a rien à envier à ce qu’on trouve sur les marchés étrangers », affirme Sid Ahmed.

Paris-Blida

Djamel Zahal a quant à lui décidé de garder un pied à Alger et un autre à Paris. Son entreprise, DzMob, spécialisée dans le développement d’applications mobiles, a été créée en 2012 à Blida, sa ville d’origine, et dispose d’un bureau commercial à Paris.

Avec un bac algérien et des études d’informatique en France où il suit une alternance chez BNP Paribas à Paris, il prépare petit à petit son projet entrepreneurial. 

« Pendant les années où je vivais en France, les applications mobiles étaient très en vogue. Comme c’était un peu mon domaine, je comparais avec ce qui se faisait à Alger et je me disais que c’était un créneau encore sous-exploité en Algérie. C’est ainsi que l’idée a commencé à germer », se souvient Djamel.

Aujourd’hui, DzMob compte des clients prestigieux comme Thales, Audi ou Novo Nordisk

De retour à Alger, Djamel crée DzMob. Ses premiers clients sont des journaux algériens. « Pour la création de mon entreprise, je me suis appuyé sur un prêt Ansej. L’exonération d’impôt sur trois ans était une belle opportunité pour débuter sans pression. »

Une fois l’équipe de Djamel Zahal autonome, il décide de sauter le pas et de viser le marché français. En novembre 2013, il crée un bureau commercial à Paris où il se réinstalle, tout en venant régulièrement à Alger.

« Le marché français n’est pas facile. Il fallait se faire une place. DzMob a des atouts, comme les coûts de développement et les délais de livraison des applications. La prospection se fait à Paris et à Blida où l’équipe développe les projets », précise le chef d’entreprise.

Et la formule marche. Aujourd’hui, DzMob devenue Aventique compte des clients prestigieux comme Thales, Audi ou Novo Nordisk.

« Je n’ai pas été confronté de manière directe à la décision de rester ou de rentrer, les choses se sont faites naturellement. Je vis aujourd’hui entre Blida et Paris et nos deux bureaux fonctionnent en parfaite symbiose. »

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